
Les trophées, originaux en grès chamotté,
créés pour l'occasion par Yolande PINIER.
PALMARES DU CONCOURS DE POESIE 2007
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PRIX DE LA PENDULE A L'ENVERS :
Anick BAULARD avec "Sur un banc"
Sur un banc
Il était installé à l'un des bouts du banc
Quand elle vint s'asseoir, à l'autre bout du banc ;
Ça ne fit pas de bruit, juste un petit froufrou,
Un frisson de satin, comme une brise d'août ;
Ça ébranla un peu l'extrémité du banc,
Oh, juste un petit peu, un léger tremblement.
Il ne tressaillit point, ne bougea pas un cil
N'osant croire, déjà, au début d'une idylle.
Et puis il l'entendit dégrafer son manteau…
Alors s'épanouit, comme rose à l'aurore,
Une senteur poivrée qui sourdait de son corps,
Un parfum envoûtant d'iris et de lis d'eau.
Et soudain, sur ce banc, dans ce quartier banal,
Son enfance surgit d'un coin de sa mémoire,
Les draps de grosse toile, au profond de l'armoire,
Sa mère et ses baisers, quand il avait trop mal.
Il lui semblait aussi sentir sur son palais
La confiture de coings, dans la cuisine fraîche,
Et, sous sa main d'enfant, la caresse un peu rêche
De la nappe à carreaux, tout juste amidonnée…
Lorsqu'elle se leva, de l'autre bout du banc,
Il sut qu'il ne pourrait plus jamais oublier
Cette femme inconnue, un court instant frôlée,
Rencontre de hasard, un cadeau du printemps.
Il l'aimerait longtemps, la jolie demoiselle,
Dont le parfum était tout ce qu'il saurait d'elle,
Et les sens en émoi, heureux comme un dimanche,
A tâtons, sur le banc, reprit sa canne blanche.
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1er accessit : Bernard STIMBRE avec "Le tango des feuilles à l'automne"
LE TANGO DES FEUILLES À L'AUTOMNE (poème-chanson dialoguée)
J’étais môme, il a un ½ siècle, j’entendais marcher les p’tites bêtes,
Le joli bourdon qui fredonne, l’herbe dans le vent qui frissonne,
Mais depuis ce joli temps là, j’ai les écoutoirs au plus bas !
Pardon ? hein oui ? qu’est ce que tu dis ? qu’est ce que tu dis ?
Tu as les cages à miel pleines de cire, et je crois même que ça empire
Flûte ou tuba c’est tout pareil, Big Ben : tic tac dans les oreilles.
Et en arrière la musique, je n’entends plus les harmoniques
Et si ça continue comme, je parlerai avec mes doigts
Pardon ? hein oui ? qu’est ce qu’il a dit ? qu’est ce qu’il a dit ?
Que dans les feuilles tu as du persil, que dans les dures c'est d’la friture
J’entends comme ma grand-mère, les beaux sons se font la paire
Je deviens comme Beethoven, je vais composer la 10 ème
Déclare moi l’amour arsouille, mais fais plutôt une bafouille
Pardon ? Quoi ? Hein ? ah non vraiment, c’est pas malin,
De remuer les lèvres pour rien
J’ai les oreilles en rideaux, les tympans devenus marteaux
Le pavillon qui fait son Baltard, mon écoute me taille un costard
Je ne parle pas des acouphènes, des cris de corbeaux quand je rêve
Quoi ? Hein ? Pardon ? il faut que j’enlève mes cotons ?
Je n’arrête pas de répéter, tu as les portugaises ensablées
Tout doucement, sournoisement, Les décibels se font la belle
Même en fermant les étagères, j’ai du bruit dans la cafetière
Près des baffles on prend des baffes, j’aurais dû faire, un peu plus gaffe
Quoi ? Hein ? Pardon ? mais que dit-on ? mais que dit-on ?
Tu n’entends plus que des broutilles, t’as des oursins dans l’écoutille !
J’entendais tomber les feuilles, mais j’ai les enclumes en deuil
Je ne peux plus me voir en peinture, un Van Gogh plus vrai que nature,
Ça m’est tombé sur le nez, je suis l’homme à l’oreille coupée
Qu’est ce que t’as dit ? qu’est ce que t’as dit ? AH toi aussi ?
Par les surpressions acoustiques, c’est super, ya plus d’moustique
Je vais me plaindre à Hergé, Tintin, j’ai l’oreille cassée
Ca va me coûter de l’oseille, deux puces dans les oreilles
Pour redevenir autonome, je vais me payer un sonne automne
C’est de saison !!
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2ème accessit : Louis THIBAUDIN avec "Clair de sens"
Clair de Sens
S'il faut jolies couleurs, saphir ou améthyste
Pour charmer votre vue si sensible au meilleur,
Ne vous adressez pas à un médiocre artiste,
Un peintre est mieux placé, Madame, qu'un rimailleur.
S'il faut amuse-gueules, liqueurs apéritives
Pour charmer votre goût que l'on prétend si fin,
Je crains, ma chère, que vos papilles gustatives
Avec mes pauvres rimes ne restent sur leur faim.
S'il faut coulants arpèges en notes cristallines
Pour charmer votre oreille presto pianissimo,
Prenez plutôt la harpe, si tendre et si câline,
Je n'ai pour vous toucher, ma douce, que des mots.
S'il faut senteurs discrètes, divins parfums, fragrances,
Pour charmer votre nez que l'on dit tant expert,
Je crains fort que mes vers ne puissent vous mettre en transe
Et de me rapprocher de vous, je désespère.
S'il faut, mon tendre coeur, d'érotiques caresses
Où les doigts éduqués pour l'amour ont du tact,
Mon humble alexandrin n'a de pieds en détresse
Tâtonnant dans le noir pour trouver le contact.
Mais s'il me faut, chère âme, vous aider à comprendre
Qu'un pauvre malheureux d'amour est tout saisi,
Le mieux, pour l'exprimer, peut-être, à tout prendre,
N'est-il pas simplement un brin de poésie ?
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PRIX DU JEUNE "BERRY REPUBLICAIN" :
Jessica EPAIN avec "Les sens du coeur"
Les Sens du coeur
Cinq Sens mais je n'en ressens qu'un
Pour l'instant il est caché
Il passe par l'esprit du bien
Il électrise mon coeur et mon toucher
Cinq Sens mais je n'en utilise que deux
Un pour l'odorat de tes couleurs
Un pour la vue que j'ai de tes yeux
L'ouïe me laisse entendre ton coeur
La vue de son bleu
Cinq Sens mais je ne veux que toi
Cinq Sens qui ne veulent que toi
Cinq Sens du coeur
Cinq Sens pour mon bonheur
Le goût me laisse
Le plaisir de ta peau
Le reflet de l'eau
Et je goûte à la paresse
Qui me vient au fond de l'eau
Celle de la vision de tes yeux
Qui me rappelle ma vue
Mon toucher te rend malheureux
Qui me rappelle l'odeur de ta bienvenue
Cinq Sens mais je n'en perçois qu'un
Qui joue avec ma vie
C'est toi et c'est rien
Tu m'en vois ravie
A t'entendre tu devrais t'en remettre
A te voir tu devrais te le permettre
A te goûter tu devrais me dire au revoir
A te toucher tu devrais me croire
A te sentir tu devrais revenir beaucoup plus tard
Je vois pour la première fois ta douceur
Je sens pour la première fois ton odeur
Je goûte pour la première fois ton hésitation
Je touche pour la première fois ta réaction
J'entends pour la dernière fois ton coeur
Mon coeur va à contresens
Et j'allume pour la prochaine fois nos cinq sens.
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PRIX DE "LA MAISON DU PAYS DE VIERZON" :
Pierre-Fernand CRASSET-MAUVIEL avec "Plaisir des sens"
Plaisir des sens
Prendre une coupe de vin
En humer le bouquet
Et mirer ses reflets
Faire tinter son cristal
Déguster ce régal
M’est un plaisir divin
Un peu de ce nectar
Donne vie à nos sens
L’excès donne naissance
Aux orgies du fêtard
Et Bacchus grâce à Toi
Maître viticulteur
Ton vin comble d’honneurs
La table sous mon toit
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1er accessit : Martine CHARRON avec "Laissez-vous bercer par le rythme des saisons"
LAISSEZ-VOUS BERCER PAR LE RYTHME DES SAISONS
Détendez-vous, écoutez les frissons fragiles du temps
Humez les senteurs du sol d'un dernier labour
Attrapez cette brise fraîche qui vous frôle
Comme la caresse de l'amour fripon qui vous cajole
Le printemps est enfin là, tourbillonnant
Ivre de liberté, il vous caresse de ses parfums d'adolescent
De ce renouveau, les fleurs insouciantes, fragiles
Éclosent de volupté, laissant passives leurs pétales graciles
Se colorer, chatoyantes et fastes
Vous obligeant des regards de pureté et de bonté
Laissez-vous bercer par le rythme des saisons
Les cerisiers blancs sont en fleurs, les pêchers sont d'un rose délicat
La glycine pleure et croule sur le mur d'en bas
Hâtez-vous de le surprendre car à la prochaine froidure
Le printemps n'est jamais à l'abri d'une nouvelle morsure
Des derniers pincements d'un hiver moribond
Comme une femme délaissée, luciole ou papillon
Pétales et corolles à l'unisson se rideront
A l'approche d'un gel faisant son apparition
Elles tomberont sur le sol, laissant dénudés leurs jolis boutons
Si la blessure est cruelle, toutes ces parures resteront stériles
Si la nature est magique, elle saura un matin en plein éveil
Devenir une succulente cerise, une pêche veloutée, quelle merveille !
Par plaisir, elles vous feront plisser les paupières aux premiers rayons du soleil
Laissez-vous bercer par le rythme des saisons
Levez-vous à l'aube d'un printemps craintif
Secouez votre langueur de l'hiver tardif
Asseyez-vous alanguie dans un fauteuil d'antan
Au milieu de la pelouse fraîchement coupée
Tendez votre oreille et pointez votre nez
Le printemps, de toutes vos années, peut encore vous étonner
Par le doux chant du rossignol matinal, baigné
D'une rosée légère, la nature c'est à n'y rien comprendre
C'est comme un baiser volé, sucré, fontaine de jouvence
Le printemps sait nous émouvoir et toujours nous surprendre
Puis, comme dans un long sommeil, une chaleur moelleuse venant du soleil
Effleurera notre terre pour notre plus grand bonheur
L'hiver s'enfuira de honte, comme le dernier des voleurs
Il nous laissera pantelant d'humilité devant tant de candeur
Enfin... Laissez-vous bercer par le rythme des saisons
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2ème accessit : Louis THIBAUDIN avec "Clair de sens"
Clair de Sens
S'il faut jolies couleurs, saphir ou améthyste
Pour charmer votre vue si sensible au meilleur,
Ne vous adressez pas à un médiocre artiste,
Un peintre est mieux placé, Madame, qu'un rimailleur.
S'il faut amuse-gueules, liqueurs apéritives
Pour charmer votre goût que l'on prétend si fin,
Je crains, ma chère, que vos papilles gustatives
Avec mes pauvres rimes ne restent sur leur faim.
S'il faut coulants arpèges en notes cristallines
Pour charmer votre oreille presto pianissimo,
Prenez plutôt la harpe, si tendre et si câline,
Je n'ai pour vous toucher, ma douce, que des mots.
S'il faut senteurs discrètes, divins parfums, fragrances,
Pour charmer votre nez que l'on dit tant expert,
Je crains fort que mes vers ne puissent vous mettre en transe
Et de me rapprocher de vous, je désespère.
S'il faut, mon tendre coeur, d'érotiques caresses
Où les doigts éduqués pour l'amour ont du tact,
Mon humble alexandrin n'a de pieds en détresse
Tâtonnant dans le noir pour trouver le contact.
Mais s'il me faut, chère âme, vous aider à comprendre
Qu'un pauvre malheureux d'amour est tout saisi,
Le mieux, pour l'exprimer, peut-être, à tout prendre,
N'est-il pas simplement un brin de poésie ?