Avec 219 textes reçus, les 11 jurés ont attribué les prix suivants :
Prix de la Pendule à l'Envers à :
- Robert PASCAL pour "un jour, quelque part".
1er accessit : Monique RUFFIE "j'ai fait un rêve"
2ème accessit : Anick BAULARD "autisme ou l'enfance close"
2ème accessit ex-aequo : Danielle GUILLEMEAU "elles ont osé"
Prix de la Ville de VIERZON à :
- Anick BAULARD pour "le dé".
1er accessit : Richard VILLORIA "je ne choisis pas"
2ème accessit : Richard VILLORIA "mon enfant"
Prix du Public à :
- Danielle GUILLEMEAU pour "elles ont osé".
1er accessit : Richard VILLORIA "je ne choisis pas"
2ème accessit : Ghislaine BRICOUT "les cailloux, les galets"
Prix spécial des Jurys à :
- Danielle GUILLEMEAU pour "elles ont osé".
1er accessit : Monique RUFFIE "j'ai fait un rêve"
2ème accessit : Robert PASCAL "un jour, quelque part"
Prix du Jeune - Berry Républicain à :
- Jessica EPAIN pour "l'avenir".
Prix de la Caravane et des Terrasses de la Poésie à :
- Antonin FALOMIR (11 ans) pour sa participation et son poème
"la baleine et l'hippocampe".
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PRIX DE LA PENDULE A L’ENVERS 2006
2ème Accessit Prix Spécial des Jurys 2006
UN JOUR, QUELQUE PART
Boudant le bleu du ciel en ce jour de sabbat
Le nuage est resté dans son lit de paresse.
Soudain quelques éclairs et le cheveu se dresse
Un orage d’acier sur la ville s’abat.
Un enfant, jeune assez, ignorant le combat,
Devant l’absurdité des grands vite se presse
Pour se mettre à l’abri, mais la salve est traîtresse,
Il roule sur le sol et son cœur plus ne bat.
Meurt ainsi l’innocent, sa chemise est flétrie,
Un œil a disparu de sa face meurtrie,
Pourtant il était beau la minute d’avant.
Il sortait ce matin des jupons de sa mère…
Le soleil rouge y va de sa larme et le vent
L’embrasse sur le front d’une bise éphémère.
Robert PASCAL
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1er Accessit Prix de la Pendule à l’Envers 2006
1er Accessit Prix Spécial des Jurys 2006
J’AI FAIT UN REVE…
Au tréfonds de mon cœur est une mappemonde
Qui, chaque soir, éclaire un nouveau continent.
C’est l’invite secrète au départ imminent
D’un voyage nocturne aux quatre coins du monde.
Et je rêve de paix, loin de la guerre immonde
Qui veut éliminer, sous nos yeux, maintenant,
L’Autre dans sa couleur, gentilhomme ou manant,
Mère aux mille vertus, femme du demi-monde.
Elle est blanche, il est noir, ils s’aiment à l’envi.
Tels l’ébène et l’ivoire, ensemble ils ont gravi
L’échelle d’harmonie, avec leur différence.
Mais, déjà, l’aube vient du songe me distraire…
On veut donc le tuer ? Aveugle intolérance !
Puisque rouge est mon sang, n’est-il pas notre frère ?
Monique RUFFIE
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2ème Accessit Prix de la Pendule à l’Envers 2006
AUTISME OU L’ENFANCE CLOSE
Pas de sourire doux sur la bouche d’Agathe,
Mais un rictus amer au mystère inviolé ;
Pas de tendre caresse au bout des doigts d’Agathe,
Mais des serres d’oiseau pour prendre et pour garder ;
Pas de mots roucoulés dans la gorge d’Agathe,
Mais des cris arrachés à ses terreurs cachées.
Quels secrets sont scellés par les lèvres d’Agathe ?
Fantômes d’un placard qu’elle n’ouvrira pas,
Quels horizons fermés aux paupières d’Agathe ?
Univers parallèles que nous ne saurons pas,
Quel désespoir fiché au vif du cœur d’Agathe ?
Douleur indescriptible qui ne se dira pas.
Peut-être, bien serrées dans la paume d’Agathe,
Des graines de soleil attendent-elles d’éclore ;
Peut-être que, parfois, derrière les cils d’Agathe,
Naissent des arcs-en-ciel, de radieuses aurores,
Et qu’un arpent de bleu s’étoile pour Agathe
D’astres fantasmatiques que les autres ignorent…
De la coque de pierre où s’est enclose Agathe
Trouverons-nous la faille, la fêlure esquissée ?
Pas à pas saurons-nous, au noir des nuits d’Agathe,
Nous glisser, mot à mot, pour ne pas la briser ?
Pour abattre les murs de la prison d’Agathe
On se prend à rêver… S’il suffisait d’aimer !
Anick BAULARD
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PRIX SPECIAL DES JURYS 2006
2ème Accessit Prix de la Pendule à l’Envers 2006
ELLES ONT OSE
Elles ont osé
Tenir tête à leurs frères !
Elles ont osé
Désobéir à leurs pères !
On leur a dit le déshonneur
Elles ont évoqué le bonheur.
Elles ont su regarder en face
La peur, la honte et les menaces.
Elles ont risqué
Le vitriol
Elles ont risqué
La mort, le viol.
Elles s’appellent Ayann
Ou Fathia ou Phoolan
Fatima ou Ching lie
Ou Maria ou Yang lee.
Elles ont soulevé le voile
Et ont dansé sous les étoiles.
Etres humains à part entière
Elles ont traversé les frontières.
Elles combattent sans arme à feu
Sans plus jamais baisser les yeux !
Elles se sont échappées de leurs cages
Elles en ont brisé les barreaux.
Elles ont la force et le courage
Que n’auront jamais leurs bourreaux…
Danielle GUILLEMEAU
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LE DE
Il est là, bien rangé, dans ma boite à ouvrage,
Un dé d’argent gravé, au dos un peu bossu,
Je le reçus jadis, précieux héritage,
D’une dame bien vieillie, aujourd’hui disparue.
Elle me montrait à coudre, et les points de feston
Ourlaient, harmonieux, nos douces confidences ;
Elle répondait d’avance à toutes mes questions,
Ces secrètes angoisses qui obsèdent l’enfance.
Elle me disait la vie, le sang des jeunes filles,
Sans croiser mon regard, ménageant ma pudeur,
Et le dé cliquetait quand s’y cognait l’aiguille,
Ses arabesques folles me chaviraient le cœur.
Elle rapiéçait pour moi, à grands points de piqûre,
Ses accrocs de jeunesse, la fabrique et la guerre,
Ses amours contrariées… J’en savais la blessure
Aux rides surjetées à l’orée des yeux clairs.
Les jours suivaient les jours sur le calendrier,
Comme sur le rebord des draps de fine toile ;
Le dé, tout ruisselant des soleils de juillet,
Allumait en mon ciel de nouvelles étoiles.
Ainsi, point par point, sans faux pli, je grandis,
Brodant avec passion les roses de l’enfance,
Je tricotais des songes en plein après-midi,
Mieux que des mots, souvent, se tissaient des silences…
Quand je chausse le dé pour quelque ravaudage,
Elle m’apparaît, soudain, sortilège éphémère,
Celle qui enchanta les débuts de mon âge,
La dame au dé d’argent qui était ma grand-mère.
Anick BAULARD
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1er Accessit Prix de la Ville de Vierzon 2006
1er Accessit Prix du Public 2006
JE NE CHOISIS PAS
Quelle couleur ?
Toutes les couleurs
Le noir ?
Toutes les couleurs
Le jaune ?
Toutes les couleurs
Le blanc ?
Toutes les couleurs, je ne choisis pas
Un homme ?
C’est possible
Une femme ?
C’est possible, je ne choisis pas
Jeune ?
Peut-être
Quel âge ?
Tous les âges, je ne choisis pas
La guerre ?
Je sais
La mort ?
Un jour
Quand ?
Je ne choisis pas
Richard VILLORIA
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2ème Accessit Prix de la Ville de Vierzon 2006
MON ENFANT
T’as deux ans, mon bébé, mon enfant
L’âge tendre, l’odeur du tout petit
Tout au creux de ton lit
Je te vois, tu souris
T’as dix ans, mon garçon, mon enfant
Petit homme, une petite personne
Qui m’étonne
Des fois me désarçonne
T’as quinze ans, un sacré garnement
L’âge bête, t’as du poil aux gambettes
Et souvent tu rouspètes
J’aim’rais que ça s’arrête
T’as vingt ans, mon ami, mon enfant
Tu es grand, tu aimes comme à vingt ans
Des fois tu es méchant
Tu me ressembles tant
Cinquante ans, c’est l’âge que j’ai maint’nant
L’âge bête de l’homme qui vieillit
Du démon de midi
Une drôle de salop’rie
Soixante ans, c’est bientôt droit devant
Nouvelle vie, des projets des envies
La même femme dans ma vie
Et la chance qui sourit
Puis un jour, j’aurai quatre fois vingt ans
Mon enfant, tu aurais soixante ans
Tu n’es jamais venu
Pourtant tu m’aurais plu
M’en veux pas, trop tôt pour être papa
C’est la vie, tu comprends mon petit
C’est après qu’on se dit
J’ai peut-être fait une conn’rie
Maintenant, c’est la toute fin de l’an
La dernière, dernière année de vie
Le début de ma nuit
Souris-moi ma chérie
Richard VILLORIA
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2ème Accessit Prix du Public 2006
LES CAILLOUX, LES GALETS
Nous avons tous, nichés au creux de notre poche,
Des cailloux ramassés aux chemins de l’enfance.
Des cailloux tout légers faits d’écume et de sable.
Ou des galets bien lourds où notre vie s’encoche.
Les galets ont parfois le poids de nos souffrances,
Ils se heurtent à nos flancs, en mal insoutenable.
Des cailloux lisses et plats glissant sur la marelle,
En cascades de rire, résonnant au préau,
De doux cailloux d’histoires lues au creux chaud du lit.
Des galets qui vous pèsent et vous rendent rebelle,
Des galets gris, cinglants, faits de coups et de mots,
Des galets se mouillant aux larmes de la vie.
Des cailloux souvenirs comme autant de repères,
Des saisons, des odeurs, de blondes glanes chaudes,
Des cailloux de richesse pour affronter les jours.
Des galets qui vous roulent sur le cœur amer,
Des manques, des angoisses, des pourquoi qui taraudent,
Des galets de tristesse, des voiles pesant lourd.
De cailloux en galets ainsi la vie est faite,
Ils apportent leurs lots de peines et de joies,
Même au fil des années ils n’ont pas de retraite,
Ils dorment dans nos poches comme flèches au carquois !…
Ghislaine BRICOUT
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Sur la plage dorée où se trouve un vieux rocher,
Les cris des jeunes enfants m’inspirent.
Et sur une feuille de papier,
J’écris et décris l’avenir.
Les sentiments profonds me font penser.
Je repense à l’avenir et ne cesse de réfléchir.
Sur les pas des autres j’ai marché.
Et, sur une page blanche, je vais écrire.
Doux et léger, fier il est.
Mais pour certains, le pire est à venir.
Le soleil s’éteint, je voudrai l’embrasser.
Et enfin, disparaissent les rires,
Ceux de la joie, de l’amour, et, à côté du rocher,
Moi, toute seule, je m’occupe de l’avenir.
L’avenir, un son léger, j’ai envie de chanter.
Le destin est préservé et nous devons choisir,
Qui de nous doit vivre ou mourir.
Aux racines de notre vie, nous gardons des souvenirs.
Et le temps qui passe me fait sourire,
Puis, je prends ma lyre et j’écris et réécris,
L'avenir.
Jessica EPAIN (14 ans)
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